Pollution : Les océans sont-ils remplis de plastique ?

Plastiques : Compte rendu sur la pollution marine.

Les origines du plastique.

Depuis plus de 50 ans, les matières plastiques ont envahi notre quotidien. 

Pour les industriels, le plastique représente un matériau idéal.

Peu onéreux, solide, léger, résistant à la corrosion et à de nombreux produits chimiques, plus de 300 millions de tonnes de plastique sont fabriquées chaque année.

Il est utilisé dans quasiment tous les secteurs : bâtiment, automobile, électronique, etc.

Mais surtout, plus de la moitié du plastique produit est destiné à l'emballage de produits. Leur usage est donc souvent limité à une utilisation très éphémère.

Pourtant, pour ces emballages, il n'y a que leur utilisation qui est éphémère.

 

Le traitement des déchets plastiques.

Ayant de formidables propriétés de résistance, le plastique est fait pour durer. Parfois, il s'agit de quelques dizaines d'année, parfois, près d'un millénaire !

Lorsque ce plastique n'est pas consciencieusement trié et recyclé, il finit par se retrouver dans la nature, et notamment dans nos océans.

En France, environ 20 % des plastiques sont recyclés et seulement 9% à l'échelle mondiale. Vous avez bien lu. 91% des déchets plastiques ne sont pas recyclés !

Des milliards de déchets en tous genres sont déversés dans les océans, dont une grande majorité de matières plastiques, à hauteur de 10 à 20 millions de tonnes chaque année.

A la surface, ils représentent la très grande majorité des objets flottants. En moyenne, 70 à 80% des déchets rejetés en mer sont acheminés par les fleuves et les rivières. Ils ne constituent donc majoritairement pas une conséquences des activités maritimes.

Une fois en mer, la plupart des déchets plastiques flottent à la surface sous la forme de macro-plastiques, bouteilles d’eau, sacs plastiques et autres emballages

Après quelques années de dégradation, ces déchets se transforment en micro-plastiques qui, entraînés sur des distances énormes par les courants marins, flottent jusque dans les zones les plus reculées de la planète.

En effet, les gyres océaniques, ces gigantesques tourbillons marins de plusieurs milliers de kilomètres, forment ainsi une véritable soupe de minuscules débris plastiques, véritables "continents de plastique".

courants marins gyres 7e continent plastique

 

La méditerranée, mer presque fermée, souffre ainsi de la plus forte densité de micro-plastiques au monde : 115 000 particules par kilomètres carrés.  

On estime à près de 90% la surface maritime polluée, et la quantité de plastique est 10 fois supérieure à celle du plancton.

L'impact du plastique sur les océans et la biodiversité.

Polluants, additifs, polymères du plastique et autres substances nocives sont absorbées par les micro-organismes marins.

Les micro-plastiques peuvent être directement ingérés par la plupart des espèces de plancton, de petits poissons mais aussi d’organismes filtreurs comme les moules ou les huîtres. Or, tous ces organismes représentent les premiers maillons de la chaîne alimentaire.

Les macro-déchets, eux, ont un impact direct et bien visible. Environ un million d’oiseaux marins et 100 000 tortues et mammifères marins meurent chaque année de cette pollution, emprisonnés dans des sacs plastiques ou des filets, dans lesquels ils meurent de faim ou d’étranglement.

Souvent, ces animaux succombent suite à l'ingestion des déchets plastiques en les prenant pour une proie. Les tortues,ont souvent tendance à confondre les méduses et les sacs en plastiques.

Fulmar mort, avec un estomac rempli de plastique. Par Chris Jordan, Midway : Message from the Gyre, Serie depuis 2009Fulmar mort, avec un estomac rempli de plastique. Par Chris Jordan, Midway : Message from the Gyre, Serie depuis 2009

 

Les animaux en bout de chaîne alimentaire consomment des proies dont les tissus possèdent des concentrations élevées en polluants.

En général, l'Homme, souvent le dernier prédateur, est le plus touché par cette conséquence de sa propre pollution ... Composants du plastique, pesticides, métaux lourds contaminent notre alimentation et, au final, nos tissus.

Cette pollution a donc des conséquences directes sur la biodiversité et sur la santé, même si elles sont encore trop peu connues.

Outre les perturbateurs endocriniens que sont les additifs du plastique (phtalates, bisphénol A, retardateur de flamme, etc.) et les pesticides, d'autres molécules qui ne sont pas toxiques en elles-mêmes peuvent avoir des conséquences dramatiques sur le corps humain (cancers, altération des fonctions comme la croissance, le développement, le comportement, le sommeil, la circulation sanguine, l’utilisation de l’énergie ainsi que les fonctions sexuelles et reproductrices notamment).

Les alternatives responsables au plastique.

De nombreuses alternatives au plastique existent, notamment les bio-plastiques, polymères dérivés d'éléments naturels tels que le maïs, le chanvre ou l'huile de ricin, mais également les matériaux plus traditionnels comme le bois, le verre ou le métal. 

Changer ses modes de consommation est facile et permet de protéger la nature, la biodiversité et notre santé. 

Alors, pourquoi attendre ?

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